Résultats du premier baromètre de la relation public-privé

Le baromètre de la relation public-privé (c) a été développé par Valeurs Ajoutées et LabelVille.

Une charnière du bon fonctionnement de l’économie française

Selon Eurostat, la dépense publique en France représente presque 57 % du PIB, ce qui est le deuxième plus fort taux dans l’Europe des 27 (le taux le plus bas est celui de l’Irlande, à 35%).  Le principal commentaire n’est pas une inefficacité, possible mais qu’il faudrait d’ailleurs démontrer ; mais d’abord que, dans notre société française, des pans importants de l’économie sont assurés par des acteurs publics ou para-publics, là où ils sont réalisés dans la sphère privée ailleurs (par exemple, l’assurance maladie).

Il n’existe probablement pas en France de bien ou de service, marchand ou non, qui ne soit le produit d’une chaîne qui fait contribuer les deux types d’acteurs, public et privé.

Dans un monde où les ressources manquent (humaines, financières, environnementales), l’interaction inefficiente, les oppositions stériles, les gâchis d’une relation public-privé trop facilement conflictuelle ne sont plus supportables.

Résumé du baromètre

Avec près de 600 répondants dont 1/3 de publics, ce premier baromètre de la relation public-privé est riche d’enseignements. 3 grands thèmes ressortent (pour les aficionados on trouvera une analyse  détaillée, et tous les graphiques, plus bas).

Les procédures actuelles : un résultat passable au prix d’un effort considérable.

Les résultats obtenus par la commande publique sont jugés corrects, sans plus.

Or, ils sont obtenus au prix d’efforts élevés. Seulement 1 répondant sur 10 déclare que les procédures actuelles sont efficientes ou très efficientes. Une autre question révèle qu’un répondant sur 10 considère que la complexité des procédures est en adéquation avec les moyens dont il dispose (c’est même 8% chez les publics). Ainsi, peu importe que les procédures soient bonnes ou mauvaises dans l’absolu : elles ne sont tout simplement pas réalistes, au regard des moyens disponibles !

Un zoom sur la maîtrise des coûts est lui aussi révélateur. Les répondants indiquent d’abord qu’ils atteignent en général leurs objectifs financiers. Mais c’est une réponse de façade. En effet, seulement 5% des sondés considèrent que les coûts sont connus au départ, plutôt qu’à l’arrivée.  D’ailleurs, interrogés sur le moment où, dans la vie d’un projet, les coûts dérapent, seuls 2 % déclarent qu’en fait, ils ne dérapent pas. De même, 1 répondant sur 4 seulement considère que les coûts long terme sont clairs ou tout-à-fait clairs au moment de la décision d’investir. Quand on sait que les coûts long terme représentent jusqu’à 2 fois le coût d’investissement sur la vie d’un immeuble…

On est tentés d’en déduire que les acteurs, dans leurs objectifs, qu’ils déclarent atteindre, intègrent dés le départ l’idée qu’il y aura fatalement un dépassement financier. Ce n’est certes pas satisfaisant… Les questions sur la tenue des délais tendent au même résultat.

Les raisons d’espérer : la maturité et le dynamisme des acteurs.

9 répondants sur 10, tant côté public que privé, pensent que l’action privée peut contribuer à atteindre l’intérêt commun. D’ailleurs, 2 sondés sur 3 sont en accord avec l’affirmation selon laquelle l’intérêt général est la meilleure combinaison possible des intérêts particuliers. Nous sommes donc dans une définition de l’intérêt général inclusive (nous en faisons tous partie), et dont l’objectif final est bien la satisfaction des intérêts particuliers (le bien-être, la croissance…).

Or, une même écrasante majorité (2 répondants sur 3) déclare également que l’intérêt général doit être défendu contre les intérêts privés ! Cette contradiction n’est qu’apparente et révèle en réalité une recherche d’équilibre : oui, l’objectif de l’action publique est bien la maximisation des intérêts particuliers, mais attention : au profit de tous.  Il y a des intérêts privés excessifs, ou à trop court terme, contre lesquels il faut se défendre. Cette vision équilibrée, concrète, dénuée d’idéologie, est d’une grande maturité ; elle est partagée et paraît ainsi un point positif pour l’avenir.

Après la maturité sur les objectifs, l’ambition sur les axes de progrès est la deuxième raison d’espérer. En effet, parmi une liste de propositions, les acteurs choisissent les voies de progrès systémiques, c’est-à-dire qui touchent aux fondamentaux de leur mode de travail. La mixité des parcours professionnels public-privé, l’adéquation entre besoin et solutions par le dialogue, la prise en compte des usages, la pluri-disciplinarité des solutions proposées, et la réforme de la comptabilité publique permettant d’avoir des coûts complets, sont plébiscités alors que ce sont des sujets ambitieux.

En effet, derrière la mixité des parcours se profile le statut de la fonction publique, l’adéquation des besoins aux solutions appellerait une refonte de l’acte d’achat public, la pluri-disciplinarité est impossible dans le mode ultra-majoritaire de la commande publique, etc. Les acteurs, tant public que privé, appellent de leurs voeux des changements profonds pour travailler mieux, et ils savent lesquels.

Troisième raison d’espérer, évidemment très importante : sur l’ensemble des questions posées, public et privé ont une approche globalement convergente. Il y a des écarts, mais de quelques points seulement : ce sont simplement des nuances.

Un frein : les représentations des acteurs.

… Or, un point, et un seul, révèle une appréciation vraiment divergente entre l’appréciation des répondants publics et celle des privés, et c’est sur la question suivante : faites-vous confiance à l’action publique pour défendre l’intérêt général ? Presque 3 répondants publics sur 4 répondent « oui ». Et c’est rassurant, puisque c’est leur raison d’être. Il est heureux qu’ils y croient. Mais si 1/3 des privés font eux aussi confiance, 1/3 ne fait pas confiance, et 1/3 est neutre. Puisqu’ils considèrent qu’eux aussi font partie intégrante de l’intérêt général, un intérêt général décrété d’en haut est désormais suspect. Côté privé, on ne fait plus aveuglément confiance à l’action publique pour atteindre l’intérêt général.

C’est là un fait dont il faut tenir compte. Le tissu citoyen et entrepreneurial accepte moins bien qu’avant la définition péremptoire d’un intérêt général « jupitérien ». Ceci met les personnes publiques en tension sur une dimension presqu’identitaire qui, parfois, peut les conduire à se comporter comme si elles avaient par définition le monopole de l’intérêt général.

Cette différence d’appréciation peut être à l’origine de profonds malentendus, et de tensions dans la relation public-privé. Elle a trait aux valeurs, et influence les comportements. C’est donc là qu’il faut travailler, pour rendre plus efficiente, sans angélisme, la relation public-privé.

Graphiques et commentaire détaillé

Pour retrouver les graphiques correspondant à toutes les questions, ainsi qu’un commentaire détaillé, cliquez ici : synthèse baromètre complet.

 

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