Ajouter des valeurs : les talents conjugués

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« Valeurs Ajoutées », avec ses pluriels, ou encore l’expression « Créateur de Valeurs Ajoutées », sont des jeux de mots. L’idée générale est que le talent, c’est celui des autres… Mais qu’il ne suffit pas d’engager des talents. Il faut aussi savoir les mettre en résonnance.

L’expérience permet d’affirmer que, s’il est difficile de savoir si une équipe va gagner, ou produire un bon projet, en revanche il est facile de prévoir si elle va perdre, ou commettre un projet insipide : car on se rend compte rapidement si dynamisme d’équipe il y a, ou non.

Cet exemple, un peu facile, dit bien que « ajouter des valeurs » n’est pas seulement une juxtaposition de talents.

Il y a des équipes qui n’ont aucun talent, alors que sur le papier elles sont composées des meilleurs : car l’alchimie ne « prend » pas.

« Alchimie » est finalement un terme adéquat : parce qu’il y a une face explicite et une face implicite.

Explicite :

Voici quelques éléments saillants d’une bonne et saine économie d’équipe.

Il faut réunir des professionnels complémentaires et prêts à s’écouter. Donc aussi définir très tôt des périmètres d’intervention clairs et la règle du jeu, ce qui n’est pas simple.

Il faut les réunir autour de l’utilisateur, de l’usage, de la fonction, voire de la mission, dans une approche globale. Donc exiger le point de vue global en toute situation.

Il faut forger une conviction commune résultant d’une première phase de partage où chacun dans son domaine a apporté ses idées. Dans son domaine d’expertise propre, mais aussi, en interpelant les autres membres de l’équipe par une parole ouverte.

Il faut un process respectueux du mode de production propre à chaque métier. Et donc il est nécessaire de bien connaître ces derniers. La vision du planning et des interactions doit être explicitée et partagée. Le planning est un lieu d’accord, de péréquation, il est la formule de l’alchimie commune et pas la loi venue d’en haut. Oui, le process, c’est essentiel.

Enfin, il faut un pilote. Il est là pour faire réussir le groupe et le projet. Ses fonctions de coordination et de décision seront acceptées si les points précédents sont respectés. Il met une dimension personnelle dans son pilotage.

Enfin, n’oublions pas que nous avons tous plusieurs enjeux et des équilibres économiques à respecter. L’efficacité de l’action est donc un impératif, pas une option.

On le voit, l’économie d’équipe est exigeante. Il est fait appel à une vision structurée, planifiée et à des décisions d’organisation, toutes choses difficiles à faire (comme on le voit aux échelons de management des entreprises). Et, tout autant, il est fait appel à l’envie de faire, et de faire ensemble.

Implicite :

Le « supplément d’âme » vient presque toujours si les principes sont sains. Car en réalité, les hommes sont formidables. Ce sont les organisations (donc les décisions des managers) qui les mettent en puissance, ou qui les brident.

Dans nos métiers, la « logique de projet » a ceci de formidable que chacun vient avec l’objectif a-priori de contribuer par sa partie à un tout. Le terrain est donc favorable au départ. Le pilote est alors une sorte d’architecte qui a combiné les bonnes compétences et les bonnes personnes, un pédagogue qui partage la vision globale et rend visible à chacun un chemin pour contribuer au tout, un scénariste qui connait suffisamment à l’avance le déroulement du film pour organiser le travail, et un décideur quand il est temps.

Il est essentiel que chacun ait une vision des objectifs généraux et de la planification, pour pouvoir y insérer son action et comprendre à la fois ses enjeux et les limites qui lui seront peut-être imposées.

Dans le processus d’élaboration d’un grand projet, il n’existe pas de petite ou de grande contribution. Il y a différents plans d’une invention. (pour une discussion sur l’innovation, voir ici : Qu’est-ce-que « innover » ?)

Avec des moments de croisement, de collectif ; et des temps d’intimité, beaucoup plus longs. La « création » se fait dans les deux modes. Parfois (mais pas toujours), il est difficile de retracer la généalogie d’une idée : le temps d’une idée, oublions notre égo – il revient vite après, – et jouissons de la pétillance de l’esprit qui rebondit et s’amplifie dans nos paroles croisées (et nos rires).

Après ces moments fondateurs, il faut mener les différents plans de l’invention en parallèle ; même dans cette phase, il est rare que chacun puisse complètement travailler en silo ; le travail du pilote est alors notamment de s’attacher personnellement aux croisements qui permettent aux uns de nourrir les autres, en temps utile.

Le supplément d’âme d’une équipe commence dans l’admiration sincère des talents et le respect des savoir-faire ; il s’entretient dans une vision partagée et planifiée où chacun sait sans frustration qu’il joue dans un jeu collectif nécessitant règle du jeu et arbitre.

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